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La vengeance | by tite elfe
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La vengeance

- Attention, roucoula l’oiseau blanc, ce vampire est des plus pervers et maléfiques.

 

- Je sais, glissa le jeune elfe fée à la colombe. Protège-moi, Johnny ! Fais que je ne tombe pas entre ses griffes, murmura-t-il.

 

Mais Abélard, que la situation amusait beaucoup, s’empressa de proposer :

 

- Puisque désormais les candidats ne sont plus que deux, et qu’ils peuvent avoir des voix si semblables, nous pourrions les opposer dans un duel d’intonation et de magie. Le premier à chavirer désignera par son échec le vainqueur de ce tournoi sans merci.

 

- Mais quelle bonne idée ! S’écria Oswald. Voilà qui devrait rendre cette soirée intéressante.

Roméo, je crois que je t’ai appris suffisamment de tours pour honorer mes enseignements. Tu devrais donc briller dans cet exercice.

 

- Attention, mon cher confrère, je n’ai pas précisé si l’intonation serait uniquement magique ou musicale. Et étant donné les capacités de Sadia, davantage musicales, je vous propose de la jouer à pile ou face. Ainsi nous saurons quelle thématique l’emportera sur l’autre. La magie...ou la musique…Mais ne trichez pas ! Je connais trop vos retournements pour m’en prémunir.

 

- Je vous promets que je ne chercherai pas à enfreindre vos règles. Je peux gagner à la loyale avec cet enfant. Bien plus que vous avec votre vampire.

 

Abélard eut un sourire à la fois ironique et dubitatif. Puis il sortit une piécette de son gilet, choisit pile et la lança en l’air avant de la réceptionner du plat de la main. Oswald couvrit aussitôt celle-ci et dit :

 

- Je crois que vous avez l’avantage ! Alors j’exigerai une chose en retour , sans que vous puissiez vous y opposer.

 

- Je vous écoute.

 

- Masquons nos duellistes. Ainsi, nous ne pourrons pas influencer nos candidats.

 

- Voilà qui n’est pas idiot, admit Abélard. Je ne vous savais pas si soucieux des règles, Oswald. Vous qui jusque là adoriez tricher, que nous vaut ce revirement d’honnêteté ? Le mariage vous aurait-il assagi ? Ricana-t-il en cherchant l’approbation du public.

 

- C’est fort possible, répondit Oswald sur le même ton ironique. Ma femme a la fâcheuse tendance à être très pointilleuse sur le sujet.

 

Marie tenta bien de protester mais l’hilarité générale avait gagné le public et chacun riait à présent à gorge déployée. La jeune femme se sentit humiliée et révoltée. Oswald se moquait d’elle en mentant effrontément. Les règles, elle s’en fichait. C’était lui qui était pointilleux quant à tous ses déplacements, tous ses agissements. Mais bien sûr, elle n’ignorait pas qu’il voulait briller en société tout en l’humiliant gratuitement ainsi que Jakob, afin de les soumettre aux pouvoirs des ombres. Il fallait protester. Alors la jeune femme ferma les yeux et convoqua les énergies de son coeur tout en fermant les oreilles. Elle allait oublier ces rires gras, et envoyer de l’amour à son véritable époux. Afin qu’il puisse trouver la force de vaincre son adversaire mais aussi la féerie maléfique.

Elle se concentra si bien que l’elfe fée reçut ses énergies comme un bouclier protecteur.

Désormais, quoi qu’Oswald tente, il serait protégé. Silencieusement, il remercia la jeune fille qui perçut comme une caresse sur ses reins sans que personne ne la touche réellement.

Et comme c’était la première fois qu’une telle chose se produisait, elle ne put s’empêcher de rougir.

Dieu merci, Oswald et Abélard étaient trop occupés à discuter des costumes et masques de leurs apprentis pour se préoccuper de ce genre de détail, mais Tania avait vu et compris la situation. Ce qui décuplait son envie de voler Jakob à Marie. Séparer les deux amants, elle en avait plus que le désir. Mais elle devait attendre qu’il triomphe de Sadia. Là, seulement, elle interviendrait…

 

- Alors, qu’avez-vous choisi messieurs ? S’enquit-elle.

 

- Ce sera un déguisement vénitien. Pour aller avec le morceau que j’impose à nos deux arpètes, répondit Abélard avec gourmandise.

 

Oswald avait approuvé du bout des lèvres car l’air était particulièrement difficile ; mais après tout, Roméo avait une magie musicale puissante. Alors il enverrait de l’énergie noire au jeune garçon pour vaincre son adversaire. A ce stade de la compétition, tout était possible. La gagne, rien que la gagne.

 

Lorsque les deux jeunes hommes furent sortis, le sorcier noir se pencha vers Marie :

 

- Alors, êtes vous prête à soutenir votre champion ? Mais vous devrez compter aussi sur mon appui maléfique. Car quoi que vous pensiez, Roméo me doit beaucoup.

 

- Alors pourquoi l’avoir rebaptisé ainsi et pas admis dans ce cercle avec son véritable nom ?

 

- Parce que j’avais besoin de lui donner une identité nouvelle, plus en accord avec le pouvoir maléfique dont il disposera désormais parmi ses pairs.

 

- Mais qui vous dit qu’il y cèdera ?

 

- Mon petit doigt. Ou plutôt, tous les avantages que la vie telle que je la lui propose lui offrira.

Que valent vos légumes et vos petites attentions à côté de la gloire, de l’argent et du pouvoir que je lui offre ce soir ? Rien. Se sont juste de petites douceurs qu’il oubliera très vite lorsqu ‘il deviendra le prince de la magie noire du pays des ombres.

 

- Il ne le sera jamais. Matthias n’est pas corruptible.

 

- Vraiment ? Alors pourquoi a-t-il vaincu déjà les autres ?

S’il ne l’était pas, il les aurait tous sauvés. Mais il ne l’a pas fait.

 

- Si, mais manifestement, vous n’avez pas les yeux pour le voir. Vous préférez croire qu’il se range à vos maléfices plutôt qu’à la droiture de son coeur.

 

- Chuuuuuuuut, taisez-vous donc...les voici, coupa Abélard. Et je crois que leur déguisement vous donnera toute satisfaction, Oswald.

 

En effet, recouvert de bautas et de longs dominos dissimulant entièrement leurs silhouettes et juchés sur des tabourets à roulettes dissimulant leur différence de taille, les deux candidats apparurent au public comme entièrement jumeaux auprès d’un petit orchestre qui commença les premières mesures. Quel était celui qui avait entamé le morceau ?

Marie l’ignorait et cela la mettait dans une angoisse terrible. Ne pas savoir, faire confiance envers et contre toute espérance mettait ses nerfs à rude épreuve. Elle voulait savoir...comprendre, essayer de saisir comment elle pourrait aider son tendre époux à surmonter l’épreuve.

Silencieusement, elle invoqua Urgande pour l’aider à envoyer de bonnes énergies à Jakob, mais la petite fée se contenta d’une pression douce et chaude sur la poitrine de la jeune fille et de ce message télépathique : « Garde confiance. Jakob sait ce qu’il a à faire. Et il le fera, sois en juste persuadée. »

 

Oswald jubilait. Marie était en panique, en inquiétude extrême pour son apprenti. Donc elle était amoureuse. Il en avait la preuve à nouveau, plus encore que dans le duo qu’elle avait chanté avec lui un peu plus tôt. Elle était à cet instant, complètement transparente aux yeux du sorcier. Une femme amoureuse qui tente de dompter ses angoisses...comme c’était amusant ! Mais agaçant aussi.

Car comment avait-elle pu s’amouracher de ce garçon si ce n’était sous le charme de sa propre magie noire ? En vérité cet état de chose troublait Oswald plus qu’il ne l’aurait souhaité tout en le réjouissant. Il se disait qu’à l’issue du duel, que Roméo gagnerait probablement, il ne lui laisserait pas le temps d’organiser une rébellion pour le vaincre lui aussi, et qu’il utiliserait Sadia pour venger le pays des ombres de sa traîtrise. Ainsi il vaincrait Marie et Roméo en même temps. Une double victoire qui plairait sans doute à Tania autant qu’à Abélard. Mais cela, il se le réservait pour après...Pour le moment, il savourait le désarroi de son épouse. Et entendre le duel de voix de Sadia et Roméo était un pur plaisir auditif.

 

Après une entrée en matière des plus brillantes, le duo attaquait les notes et les trilles les plus compliquées, les ruptures de rythme aussi, propres à casser une voix pas assez déliée, pas assez libérée. En cela, par sa puissance et son entraînement constant, Sadia devait être bien supérieur à Roméo. Mais la puissance, l’elfe fée l’avait aussi. Seulement, elle se manifestait différemment car il prenait ses appuis à une autre source que la force brute vocale. Avec une technique de déploiement tout à fait incroyable.

Sous le masque, chacun transpirant, les candidats s’efforçant de ne pas se regarder de crainte de recevoir un maléfice de l’autre, ils s’acharnaient à donner de la voix et à dérouler le morceau à la mesure des espérances d’Abélard et Oswald, quand...l’un des deux bloqua. Oswald tressaillit, croyant reconnaître la voix de Roméo. Marie, perdue, désarçonnée par la situation n’en menait pas large et s’agitait sur son siège, les yeux pleins d’angoisse.

A deux reprises, le concurrent de gauche échoua à monter sa voix comme le voulait l’aria.

Si bien que le second, sur un signe à l’orchestre, choisit de prendre le relais, signifiant son échec à son camarade.

 

Marie, effondrée, s’apprêtait à la résignation. Elle n’aurait peut-être pas dû croire que son tendre époux triompherait aussi facilement...Mais elle était en pays maléfique où tout ce qui est tromperie et faux semblants sont de mises. Où le bien ne saurait triompher. Elle aurait dû s’en souvenir…

 

Oswald, fasciné par la voix qui osait s’affirmer et déployer à nouveau une puissance décuplée, souriait d’aise. Car il avait reconnu cet éclat à nul autre pareil. Et à voir l’embarras furieux de l’adversaire qui s’éclipsa rapidement, le sorcier noir se leva pour applaudir l’audacieux et sourit :

 

- Je crois que je vais gagner mon pari, mon cher Abélard risqua-t-il, et même doublement si j’en crois la profondeur de ce que j’ai perçu ajouta-t-il en fixant le jeune homme qui venait saluer le jury et le public maléfique.

 

Marie n’osait lever les yeux. Parce qu’elle avait peur...terriblement peur que Sadia ait vaincu son amour. Mais tentant de se rassurer pour au moins faire bonne figure, elle releva la tête au moment où Jakob ôtait son déguisement et dévoilait, non le jeune apprenti qu’il était jusque là, mais le jeune homme qu’elle avait épousé à la fontaine, elle sursauta, éblouie.

Et toute la salle avec elle, tout en continuant d’applaudir. A son tour, Marie se leva, applaudit son jeune mari et par le regard qu’elle échangea avec Jakob, elle sut que leur amour avait guidé sa voix jusqu’à la victoire et de façon éclatante et sans partage.

 

www.youtube.com/watch?v=2rE-KptMSMY

 

Tout ému, le jeune homme saisit alors un violon de la main d’un des musiciens de l’orchestre, pour aussitôt enchaîner avec la berceuse que lui avait suggéré Erminie. Il s’agissait d’enchanter les voix les plus pures d’hommes et de femmes présents pour endormir public maléfique et princes des mauvais sorts. La victoire sur Oswald dépendait de cette hypnose et ce contrôle progressif sur tout ce qui était puissances de l’ombre.

 

www.youtube.com/watch?v=B4PQDZBrmJ8

 

Marie entonna le chant la première, parce qu’elle le connaissait depuis l’enfance et se demandait bien pourquoi Jakob avait souhaité le jouer. Mais en chantant, elle comprenait à voir les yeux d’Abélard et d’Oswald papilloter, que c’était une berceuse propre à endormir et vaincre la magie la plus perverse. Un à un, les sorciers, vampires, et démons penchaient la tête et sombraient dans le sommeil, comme piqué par la pureté angélique des voix emmenées par Marie.

Mais le plus surprenant dans l’affaire est que Tania vint lui donner la réplique dans un ornement encore plus pur et cristallin. Comme si l’enchantement de Jakob provoquait un profond revirement en elle. La voleuse d’âmes ne se reconnut pas. Elle obéissait à un ordre supérieur. Jamais encore cela ne lui était arrivé. Oswald, saisi par l’intensité de ce cristal mélodique, avait sombré, les yeux écarquillés sur cette curiosité féminine.

 

Lorsque tout fut calme et que même Tania s’écroula sur son fauteuil, Jakob cessa toute musique, puis mettant un doigt sur sa bouche, il fit signe à Marie de le rejoindre. La jeune fille, sans déranger les dormeurs qui ronflaient à ses côtés, s’éclipsa et rejoignit sur scène son mari.

Puis tous deux joignirent leurs mains ensemble avant de s’étreindre dans une tendresse passionnée qui cette fois-ci, n’avait aucun témoin. Un silence de paix avait envahi les arènes. Et seuls les ronflements des plus difficiles à vaincre troublaient la quiétude de ce moment.

 

- Oh Jakob...j’ai tant attendu ce moment...et nous y sommes enfin.

 

- Oui mon amour, je crois que j’ai réussi à vaincre nos ennemis. Alors je vais appeler à nous la puissance de l’anneau de feu pour inverser tout le mal en bien. C’est ce qui nous reste à accomplir. Ensuite, je pourrai t’embrasser et t’emmener chez nous, à la maison. Et là je te le promets, plus rien ni personne ne pourra nous empêcher de nous aimer ni ne pourra nous séparer.

Veux-tu l’appeler avec moi ?

 

Marie fit signe que oui.

Jakob fit alors apparaître deux jeunes elfes munis de guitares avant de reprendre le violon pour encourager Marie. Et ce fut elle qui chanta cette mélodie que jouait son mari et ses deux acolytes :

 

www.youtube.com/watch?v=nyNf6sw8xaE

 

 

Cet appel fut entendu par l’anneau qui du tiroir du bureau de Marie à Kalamine, sortit de sa cachette pour se dématérialiser et réapparaître près des deux amoureux, brillant, scintillant, presque irréel.

Il se posa d’abord sur l’épaule nue de Marie et irradia de lumière son bras pour qu’elle le tende pour présenter sa main gauche puis l’anneau enchanta le violon de Jakob qui continua de jouer sans maître, pour venir se poser ensuite dans sa main. A cet instant, l’ange et Urgande apparurent et dirent :

 

- A présent, vous pouvez réciter la formule qui éteindra toute violence et tout pouvoir maléfique.

Répétez après nous :

 

- Voici la fin des maléfices. La fin de la violence et des sévices. Paix et justice, bonté et amour règnent désormais. Que les prisonniers soient libérés de leurs chaînes et les méchants punis comme ils doivent l’être et que règne l’anneau d’Amour et de Feu entre tous. J’existe, j’existe, j’existe. J’aime, j’aime,j’aime.

 

Les deux amoureux récitèrent docilement, puis l’ange vint se placer au côté de Jakob et murmura quelque chose à son oreille, ce qui fit sourire le jeune homme. Jakob saisit l’anneau de la main droite et ouvrit la gauche en invitant Marie à lui donner la sienne, avant de glisser l’anneau à son annulaire en murmurant :

 

- Avec cet anneau, donné par toi, je te reconnais comme mienne et je t’épouse. Et je place désormais la magie féerique et l’amour au-dessus de tout. Puisse l’anneau nous protéger et nous permettre d’incarner l’intemporelle et indéfectible affection, telle que l’ont vécu les couples de l’anneau avant nous. Je promets de t’aimer, de te protéger, et de toujours choisir l’amour, avec et par toi et tout ce qui fait et fera unité entre nous.

 

- A présent Marie, réponds-lui ceci :

 

- Par cet anneau reçu de toi, je te reconnais comme mien et je t’épouse. Et je place désormais la magie féerique et l’amour au-dessus de tout. Puisse l’anneau nous protéger et nous permettre d’incarner l’intemporelle et indéfectible affection, telle que l’ont vécu les couples de l’anneau avant nous. Je promets de t’aimer, de t’aider, et de toujours choisir l’amour, avec et par toi et tout ce qui fait et fera unité entre nous.

 

La fée et l’ange, une fois que la jeune mariée eut répété la formule, placèrent leurs mains en signe de bénédiction. L’anneau au doigt de Marie se mit à scintiller et vint envelopper progressivement le couple de sa lumière intense. Le moment était magique mais ce qu’ignorait tant Marie que Jakob était que Tania avait durant la berceuse, récité une formule de protection vampirique.

 

Sadia qui avait quitté les arènes un peu plus tôt, furieux de sa défaite, avait échappé au sortilège de Jakob. Et bien que la puissance de l’anneau soit parvenue à son maximum, il réussit à invoquer les forces de l’ombre pour investir les pouvoirs perdus et s’accaparer l’énergie de l’anneau en vidant progressivement Marie de toutes forces à mesure qu’il s’avançait vers la scène.

 

Johnny, toujours sous forme de colombe, pressentant le danger, vola pour interrompre ce vampirisme énergétique et parvint à crever un œil de Sadia. Mais le vampire l’écarta d’un geste qui projeta la colombe au sol, au moment où Marie s’écroulait également dans les bras de Jakob.

 

- Marie...non...mais que se passe-t-il ? Hurla Jakob, affolé.

 

Il porta la jeune fille évanouie jusqu’à un siège alors que l’anneau de feu glissait de son doigt, tombait et roulait sur la scène avec un bruit métallique. L’ange et la fée tentèrent bien de le récupérer mais comme Sadia absorbait les énergies féeriques bienfaisantes, ils ne purent réussir à rattraper l’anneau qui vint échouer aux pieds du vampire. Ce dernier se baissa puis saisissant la bague magique sans pour autant qu’elle le rejette, il la projeta comme un bouclier pour réveiller l’ensemble du peuple des ombres.

 

- Non ! Hurlèrent ensemble l’ange et la fée. Par les forces bénéfiques, que l’anneau revienne à ses héritiers.

 

Aussitôt la magie déployée par Sadia s’interrompit et la bague réapparut comme par magie à l’annulaire de Jakob.

Un Jakob désespéré qui tentait de ranimer sa jeune épouse sans hélas y parvenir.

Furieux, il se tourna vers le vampire qui continuait d’absorber les énergies lumineuses et à fixer le jeune couple avec malice :

 

- Pourquoi fais-tu subir cela à Marie ? Elle est innocente.

 

- Tu l’aimes comme jamais je ne pourrai aimer...et tu m’as humilié publiquement tout à l’heure répondit le vampire, dont l’oeil crevé sanguinolent, pleurait des larmes de sang. Alors tu dois payer d’une façon ou d’une autre.

Tu as renié l’héritage d’Oswald et ses soins, tu as cherché à tous nous tromper. C’est assez de misère et d’affront pour que je venge les forces de l’ombre et que tu en subisses le châtiment.

 

La colombe bien que blessée parvint jusqu’au jeune couple et se percha sur la jeune fille en suppliant :

 

- Je t’en prie, douce Marie, ne meurs pas...lutte ! Sadia ne peut pas, ne doit pas gagner.

Tu as en toi la force nécessaire, ne l’oublie pas !

 

L’ange de l’anneau et Urgande s’étaient aussi rapprochés du jeune couple pour les protéger en décrivant un cercle magique autour d’eux.

Mais Sadia, investi des énergies qu’il captait, semblait comme nimbé de puissance et continuait d’écraser ses adversaires. Marie n’avait plus la force de réagir. Et Jakob, pensant la perdre définitivement, oublia qu’elle était toujours prisonnière du baiser de la mort. A présent porteur de l’anneau, il se pensait invincible. Alors il se pencha sur elle pour lui insuffler dans un baiser, de quoi reprendre vie. Mais ce faisant et malgré tout l’amour qu’il émanait, le maléfice s’appliqua aussi sûrement contre lui qu’il l’aurait fait avec n’importe qui. D’elfe fée lumineux, Jakob devint alors vampire. Un vampire étrange dont l’âme restait lumière et féerie, mais dont l’enveloppe paraissait aussi maléfique que son adversaire. Son regard surtout, désormais hypnotique, semblait un maléfice à lui tout seul.

Effaré par sa soudaine métamorphose, Jakob lâcha Marie qui s’écroula à nouveau sur le fauteuil et le nouveau vampire poussa un long cri de désespoir qui résonna dans toutes les arènes et réveilla comme un seul homme le peuple des ombres.

 

Aussitôt, Sadia éclata de rire. Un rire sardonique qui se moquait du jeune homme.

 

- Mais que voilà une surprenante transformation ! Nous sommes maintenant vraiment à égalité, jeune elfe-fée.

Et ô merveille, c’est ta propre femme qui t’a ensorcelé. Quelle ironie du sort, n’est-ce pas ? Tu veux lui sauver la vie et c’est elle qui te plonge en enfer directement. Tu aurais dû attendre qu’elle se libère elle-même du baiser de la mort au lieu de te précipiter. Mais les amants sont toujours si pressés, n’est-ce pas ? Ah tu croyais avoir gagné contre nous...mais le destin te rattrape. Il ne sera pas dit que les forces maléfiques ne puissent se défendre.

 

Cependant grâce à ton baiser, elle ne mourra pas. Au moins, tu auras réussi cela !

Mais si tu veux pouvoir préserver cet amour et conserver les pouvoirs de l’anneau de feu, il te faudra prouver ta valeur. Sinon, tu seras à jamais séparé d’elle. Et tu appartiendras pour toujours au royaume des ombres.

Je te promets qu’à l’issue de ce combat à présent équitable, tu pourras la retrouver aussi vivante et amoureuse qu’elle l’était jusqu’à présent. Je t’en fais la promesse. Allons...viens donc si comme on le prétend, tu es investi de la puissance de l’anneau de feu. Je t’attends pour ce dernier duel. Ce véritable combat que nous devions mener toi et moi, mais dont Oswald et Abélard nous ont privés tout à l’heure. Ils sont sans pouvoir désormais et tu les as vaincus. Mais pas moi, Roméo. Je suis peut-être le dernier ici à résister. Et je ne compte pas céder aussi facilement. Alors viens, viens donc te battre si tu crois à ta victoire. Mais avant laisse-moi te conter en musique la vie délicieuse des vampires…Ainsi, tu n’auras aucun regret de ta métamorphose, ajouta-t-il malicieusement en faisant surgir du bout de ses doigts griffus un piano devant lequel il s’assit pour préluder. Le public maléfique désormais centré sur ses énergies, applaudit à tout rompre son dernier combattant et Sadia, encouragé par cette ovation, déroula ainsi sa provocation :

 

www.youtube.com/watch?v=AlV_DjmCeK8

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Taken on January 1, 4501