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Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Forge near Bisamberg 1894

Wien Musée Léopold Collection privée

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

 

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Restaurant garden in november ( Mofi from Bisamberg)

Jardin du restaurant en novembre (Mofi de Bisamberg) 1903

Wien Musée Léopold Collection privée

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

 

Jacob Philipp Hackert 1737-1807

Paysage avec le palais de Caserte et le Vésuve

Landscape with the palace at Caserta and Vesuvius 1793

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Fleurs sauvages dans un vase

Wildflowers in a vase 1883

Wien Musée Léopold Collection privée Private collection

  

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore arrivé à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

   

Carl Blechen. 1798-1840.

Ruines d'église gothique

Gotische Kirchenruine.

Gothic Church ruins. 1826

Dresde. Gemälde Galerie Neue Meister. Albertinum.

 

Ici un romantisme plus classique dans le style de Friedrich.

Here a more classical romanticism in the style of Friedrich.

  

ART MODERNE et ROMANTISME

 

Les historiens de l'art fixent habituellement les débuts de l'art moderne aux impressionnistes. Mais bien évidemment cette périodisation est relative. Il est possible de remonter aux pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, ou encore plus au début du siècle, dans les années 1810-1840 aux romantiques. Et ce pour toute l'Europe..

Les écoles romantiques européennes ont en effet un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

 

Art historians usually fix the beginnings of modern art to the impressionists. But of course this periodization is relative. It is possible go back higher in time to the pre-impressionists of the Barbizon school or even more at the beginning of the century, in the years 1810-1840 to the romantics. And this for all of Europe. We can mention Turner, Constable, Delacroix and the German Karl Blechen.

European romantic schools have indeed a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

 

Otto Gebler 1838-1917 München

Intérieur de la forêt Waldinneres Interior of the forest sd

München Lenbachhaus

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Francesco Hayez. 1791-1882. Il Bacio. The Kiss. 1859. Milan. Pinacoteca Brera.

Pour comparaison du style académique et du style moderne.For comparison of academic style and modern style.

Caspar David Friedrich 1774-1840 Dresde

Easter morning Matin de Pâques 1835

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Friedrich Loos 1797-1890 Wien

Vue depuis Mönchberg Grêle à la forteresse de Hohensalzburg

View from Mönchberg Hail to the Hohensalzburg Fortress

c 1830

Wien Belvedere.

 

Les peintres allemands et autrichiens ont développé un art naturaliste, écologique, avant l'heure. Un art aussi très orienté vers la culture italienne. Ils s'expriment dans un langage plus ou moins classique ou romantique dans la forme. Cet art est unique en Europe. Inutile de chercher cet art là en France, en Espagne, en Italie, aux Pays Bas ou en Angleterre, sauf à titre exceptionnel. Ils seront rejoints, avec retard, par les peintres scandinaves.

 

German and Austrian painters developed a naturalistic, ecological art before its time. An art also very oriented towards Italian culture. They are expressed in a more or less classical or romantic language in form. This art is unique in Europe. No need to look for this art in France, Spain, Italy, the Netherlands or England, except in exceptional circumstances. They will be joined, late, by the Scandinavian painters.

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Michael Ancher 1849-1927 Skagen

Fishermen launching a rowing boat

Pêcheurs lançant un bateau à rames 1881

Skagens Museum. Denmark

 

L'ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

 

THE GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

  

Johan Christian Dahl. 1788-1857.

Naufrage sur la côte norvégienne.

Shipwreck on the Norwegian Coast. 1831.

Hamburg Kunsthalle.

 

Les peintres classiques-romantiques germaniques (la distinction est moins tranchée qu'en France) apparaissent clairement comme des précurseurs de la peinture impressionniste.

 

Germanic classical-romantic painters (the distinction is less clear-cut than in France) clearly appear as precursors of Impressionist painting.

 

Johan Christian Dahl est un peintre norvégien actif à Dresde qui est classé dans l'école romantique allemande. Mais son style peut être très classique ou adopter les tendances plus floues, plus allusives des romantiques, annonciatrices de la peinture impressionniste. Ici trois vues de Dresde et de sa région très "modernistes", au style très "tachiste", très esquissé. À la suite "le naufrage" et la vue du Vésuve sont de style plus classique, avec un dessin plus précis.

 

Johan Christian Dahl is a Norwegian painter active in Dresden who is classified in the German romantic school. But his style can be very classic or adopt the more vague, more allusive tendencies of the romantics, harbingers of impressionist painting. Here three views of Dresden and its region very "modernist", very "tachist" style, very sketched. Following "the shipwreck" and the view of Vesuvius are more classic, with a more precise design.

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Pulpo y Scorpa - Salvador Dalí -1922 – Expressionnisme (Nature morte)

 

Dalí a peint cette œuvre alors qu'il n'avait que dix-huit ans, il était étudiant en art à l'Académie des Beaux-Arts de Madrid. Contrairement à l'œuvre surréaliste plus familière de Dalí, ses premières peintures étaient étonnamment traditionnelles. Cette œuvre est une nature morte académique, révélant l'œil de Dalí pour le détail du genre et une préoccupation croissante pour la composition. "Pulpo" signifie poulpe, et un "scorpa" est un poisson comestible de la Méditerranée recouvert d'épines venimeuses. (Dimensions : 54.2 x 57.1 cm)

 

Pulpo y Scorpa - Salvador Dalí -1922 – Expressionism (Still Life)

Dalí painted this work when he was only eighteen years old, he was an art student at the Academy of Fine Arts in Madrid. Unlike Dalí’s more familiar surrealist work, his early paintings were surprisingly traditional. This work is an academic still life, revealing Dalí’s eye for genre detail and a growing concern with composition. “Pulpo” means octopus, and a "scorpa" is an edible fish from the Mediterranean covered with venomous spines. (Dim : 21 3/8 in x 22 1/2 in)

  

Lawrence Alma-Tadema. 1836-1912. Paris.

Une ancienne coutume An Ancient Custom. 1876.

Hamburg Kunsthalle.

 

ALMA TADEMA (Lawrence)

 

Lawrence Alma Tadema ( 1836-1912) d'origine néerlandaise est actif à Anvers, à Paris puis à Londres où ll s'installe pour échapper à la guerre franco-allemande de 1870. Il est un représentant notable du courant classique appelé à son époque "Académique". Il connait une belle carrière officielle couronnée à Londres par un anoblissement et son introduction à l'Académie Royale. Durant toute cette période de l'histoire de la peinture européenne coexistent des courant très divers, mais qui peuvent s'ordonner autour de deux principales orientations :

1° Les courants de peinture continuant la grande tradition de l'art classique ( dessin impeccable, thématique inspirée par la religion, l'histoire et la mythologie), Alma Tadéma appartient incontestablement à cette première catégorie.

2° les écoles s'orientant vers des techniques plus modernistes ( peinture plate, tachisme, esquisse, décomposition des volumes et des formes, couleurs arbitraires....) et exploitant une thématique plus orientée vers le paysage naturel ou urbain de l'époque : pré impressionnisme, impressionnisme, post impressionnisme, abstraction.

 

Lawrence Alma Tadema (1836-1912) of Dutch origin is active in Antwerp, Paris and London, where he settles to escape the Franco-German war of 1870. He is a notable representative of the classical current called in his time "Academic". He has a fine official career crowned in London by an ennobling and his introduction to the Royal Academy. Throughout this period of the history of European painting coexist very different currents, but which can be organized around two main orientations:

1 ° The currents of painting continuing the great tradition of classical art (impeccable drawing, thematic inspired by religion, history and mythology), Alma Tadéma undoubtedly belongs to this first category.

2 ° schools moving towards more modern techniques (flat painting, tachism, sketching, decomposition of volumes and shapes, arbitrary colors ...) and expending a thematic more oriented to the natural or urban landscape of the time Pre-Impressionism, Impressionism, Post-Impressionism, Abstraction

   

Luc Olivier Merson 1846-1920

L'ange gardien The Guardian Angel 1881

Rennes. Musée des Beaux Arts

 

LA PEINTURE ACADEMIQUE ET L'ART MODERNE

 

En France l'Académisme prolonge pendant le Second Empire et la III è République, c'est à dire pendant la seconde moitié du 19 è siècle, le Néo-classicisme qui dominait sous la Révolution et l'Empire. C'est le nom que prend le classicisme à ces époques, et il se retrouve aussi dans d'autres pays européens, notamment l'Allemagne, éventuellement sous d'autres appellations.

Thomas Couture (1815-1879) fut professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et forma Puvis de Chavannes et Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et membre de l'Académie des Beaux Arts, très célèbre de son vivant est un des représentants majeurs de la peinture académique et un adversaire des "Impressionnistes".

Alexandre Cabanel (1823-1889), autre très grand peintre académique, est dix sept fois membre du Jury du Salon. Sa "Naissance de Vénus" (1863) est pris comme cible par les partisans des impressionnistes comme Emile Zola.

L'Académisme Français est représenté encore par William Bouguereau (1825-1905) qui peint en 1879 une "Naissance de Vénus" et par Ernest Messonnier (1815-1891).

L'Académisme, c'est à dire la peinture classique dans le courant du 19è siècle, est un courant européen, pas seulement français. On peut citer en Allemagne Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, en Belgique Franz Stevens, en Angleterre Lawrence Alma Tadema, en Espagne Maria Fortuny. En Italie Francesco Hayez (1791-1882), célèbre pour son tableau de la Brera de Milan ( le Baiser). Il est aussi possible de ranger dans cette école les peintres américains de l'école luministe (The River Hudson School)

Le point commun essentiel de tous ces peintres est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une oeuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs oeuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

 

La peinture académique est en totale opposition avec l'Art Moderne représenté par les réalistes (Courbet), les pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, les impressionnistes et les post-impressionnistes non seulement au plan stylistique, mais aussi, et peut-être surtout, sur le plan thématique. En effet si la recherche stylistique s'est beaucoup inspirée d'esthétiques anciennes (la peinture plate) par contre la thématique de la peinture européenne se modifie totalement à la fin du 19ᵉ siècle et au début du 20ᵉ siècle. Elle suit les traces de la peinture néerlandaise du 17ᵉ siècle.

Les peintres académiques, comme leurs ancêtres, vont chercher leur inspiration dans l'Ancien ou le Nouveau Testament, l'Histoire de l'Europe, ancienne ou plus récente, la Mythologie, la Littérature.

Pendant plus de six siècles la peinture européenne s'est inspirée du passé. La Renaissance on l'a vu, c'est un regard nouveau sur l'Antiquité qui s'impose dans les classes supérieures.

L'Art Moderne est à l'opposé : C'est le triomphe de la quotidienneté, la victoire de la peinture du présent sur celle du passé. Les thèmes non seulement religieux de l'art catholique, mais aussi tous ceux inspirés par l'histoire, l'Antiquité Gréco-romaine, la mythologie et la littérature disparaissent peu à peu de la peinture européenne.

 

Tout au long du 19è siècle toute la peinture européenne tend progressivement vers une représentation exclusive des paysages et de la société contemporaine, avant de cesser de figurer le réel avec l'abstraction.

C'est une rupture culturelle majeure qui témoigne d'orientations idéologiques totalement nouvelles : le passé est dépassé, sans intérêt, seuls comptent le présent et l'avenir. C'est bien pourquoi cette période a été appelée celle de "L'Art Moderne". Une appellation qui témoigne de tout un programme idéologique, toute une conception différente du monde, d'un renversement des valeurs culturelles européennes et occidentales.

Une évolution qui va culminer après 1950 avec l'Art Contemporain, celui officiel, institutionnel, mais aussi avec l'art local, régional, national. Beaux ou laids, absurdes ou significatifs, provocateurs ou pas, les arts contemporains sont tous conditionnés par un regard tourné vers l'actualité ou un futur imaginaire de la société occidentale.

  

THE ACADEMIC PAINTING AND MODERN ART

 

In France, the Academism extends during the Second Empire and the Third Republic, that is during the second half of the 19 th century, the Neoclassicism which dominated under the Revolution and the Empire. This is the name that the classicism takes at these times, and it is also found in other European countries, notably Germany, possibly under other names.

Thomas Couture (1815-1879) was a professor at the School of Fine Arts in Paris, and formed Puvis de Chavannes and Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professor at the School of Fine Arts in Paris and member of the Academy of Fine Arts, very famous during his lifetime is one of the major representatives of academic painting and an opponent of the "Impressionists".

Alexandre Cabanel (1823-1889), another very great academic painter, is seventeen times member of the Jury of the Salon. His "Birth of Venus" (1863) is taken as a target by the supporters of the Impressionists as Emile Zola.

The French academicism is also represented by William Bouguereau (1825-1905) who painted in 1879 a "Birth of Venus" and by Ernest Messonnier (1815-1891) well represented also in the Musée d'Orsay

Academism, ie classical painting in the course of the 19th century, is a European trend, not only French. In Germany Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, in Belgium Franz Stevens, in England Lawrence Alma Tadema, in Spain Maria Fortuny. In Italy Francesco Hayez (1791-1882), famous for his painting of the Brera of Milan (the Kiss). It is also possible to store in this school the American painters of the luminist school (The River Hudson School)

The spirit of Academism is as romantic as it is classical, but the common point of all these painters is an impeccable technique, a precise, perfectly finished drawing. Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. They do not throw the paint on the canvas. They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject the techniques of "tachism", or the "flat painting" without perspective or depth.

They do not use arbitrary colors that do not match those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape of European history. They are in the tradition of all European painting since the 16th century.

 

Academic painting is in total opposition to the Modern Art represented by the Realists (Courbet), the pre-impressionists of the Barbizon school, the impressionists and the post-impressionists not only stylistically but also, and perhaps above all, thematically. In fact, while stylistic research was largely inspired by ancient aesthetics (flat painting), the themes of European painting changed completely at the end of the 19ᵉ century and the beginning of the 20ᵉ century. It follows in the footsteps of Dutch painting of the 17ᵉ century.

Academic painters, like their ancestors, seek their inspiration in the Old or New Testament, the History of Europe, ancient or more recent, Mythology, Literature.

During more than six centuries European painting has been inspired by the past. The Renaissance, as we have seen, is a new look at Antiquity that is imposed in the upper classes.

Modern Art is to the opposite: It's the triumph of everyday life, the victory of the painting of the present over that of the past. Not only the religious themes of Catholic art, but also all those inspired by history, Greco-Roman antiquity, mythology and literature are gradually disappearing from European painting.

Throughout the 19ᵉ century all European painting gradually tends towards an exclusive representation of landscapes and contemporary society, before ceasing to represent reality with abstraction.

This is a major cultural break that testifies to totally new ideological orientations: the past is outdated, without interest, only the present and the future count. This is why this period has been called that of "Modern Art". A appellation that testifies to a whole ideological programme, a whole different conception of the world, a reversal of European and Western cultural values.

An evolution that will culminate after 1950 with Contemporary Art, the official, institutional one, but also with local, regional, national art. Fine or ugly, absurd or significant, provocative or not, contemporary arts are all conditioned by a look at the present or imaginary future of Western society.

   

Paul-Emile Chabas 1869-1937 Paris

Portrait de Mme Claire Pavillon. 1900

Nantes Musée d'Arts

 

Paul-Emile Chabas 1869-1937 Paris. Originaire de Nantes il est actif à Paris. Il a été l’élève de Bouguereau et appartient donc à l’école classique de l’époque :l’Académisme.

 

Paul-Emile Chabas 1869-1937 Paris. Originally from Nantes, he is active in Paris. He was a pupil of Bouguereau and therefore belongs to the classical school of the time: Academism.

  

LA PEINTURE ACADEMIQUE ET L'ART MODERNE

 

En France l'Académisme prolonge pendant le Second Empire et la III è République, c'est à dire pendant la seconde moitié du 19 è siècle, le Néo-classicisme qui dominait sous la Révolution et l'Empire. C'est le nom que prend le classicisme à ces époques, et il se retrouve aussi dans d'autres pays européens, notamment l'Allemagne, éventuellement sous d'autres appellations.

Thomas Couture (1815-1879) fut professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et forma Puvis de Chavannes et Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et membre de l'Académie des Beaux Arts, très célèbre de son vivant est un des représentants majeurs de la peinture académique et un adversaire des "Impressionnistes".

Alexandre Cabanel (1823-1889), autre très grand peintre académique, est dix sept fois membre du Jury du Salon. Sa "Naissance de Vénus" (1863) est pris comme cible par les partisans des impressionnistes comme Emile Zola.

L'Académisme Français est représenté encore par William Bouguereau (1825-1905) qui peint en 1879 une "Naissance de Vénus" et par Ernest Messonnier (1815-1891).

L'Académisme, c'est à dire la peinture classique dans le courant du 19è siècle, est un courant européen, pas seulement français. On peut citer en Allemagne Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, en Belgique Franz Stevens, en Angleterre Lawrence Alma Tadema, en Espagne Maria Fortuny. En Italie Francesco Hayez (1791-1882), célèbre pour son tableau de la Brera de Milan ( le Baiser). Il est aussi possible de ranger dans cette école les peintres américains de l'école luministe (The River Hudson School)

Le point commun essentiel de tous ces peintres est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une oeuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs oeuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

 

La peinture académique est en totale opposition avec l'Art Moderne représenté par les réalistes (Courbet), les pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, les impressionnistes et les post-impressionnistes non seulement au plan stylistique, mais aussi, et peut-être surtout, sur le plan thématique. En effet si la recherche stylistique s'est beaucoup inspirée d'esthétiques anciennes (la peinture plate) par contre la thématique de la peinture européenne se modifie totalement à la fin du 19ᵉ siècle et au début du 20ᵉ siècle. Elle suit les traces de la peinture néerlandaise du 17ᵉ siècle.

Les peintres académiques, comme leurs ancêtres, vont chercher leur inspiration dans l'Ancien ou le Nouveau Testament, l'Histoire de l'Europe, ancienne ou plus récente, la Mythologie, la Littérature.

Pendant plus de six siècles la peinture européenne s'est inspirée du passé. La Renaissance on l'a vu, c'est un regard nouveau sur l'Antiquité qui s'impose dans les classes supérieures.

L'Art Moderne est à l'opposé : C'est le triomphe de la quotidienneté, la victoire de la peinture du présent sur celle du passé. Les thèmes non seulement religieux de l'art catholique, mais aussi tous ceux inspirés par l'histoire, l'Antiquité Gréco-romaine, la mythologie et la littérature disparaissent peu à peu de la peinture européenne.

 

Tout au long du 19è siècle toute la peinture européenne tend progressivement vers une représentation exclusive des paysages et de la société contemporaine, avant de cesser de figurer le réel avec l'abstraction.

C'est une rupture culturelle majeure qui témoigne d'orientations idéologiques totalement nouvelles : le passé est dépassé, sans intérêt, seuls comptent le présent et l'avenir. C'est bien pourquoi cette période a été appelée celle de "L'Art Moderne". Une appellation qui témoigne de tout un programme idéologique, toute une conception différente du monde, d'un renversement des valeurs culturelles européennes et occidentales.

Une évolution qui va culminer après 1950 avec l'Art Contemporain, celui officiel, institutionnel, mais aussi avec l'art local, régional, national. Beaux ou laids, absurdes ou significatifs, provocateurs ou pas, les arts contemporains sont tous conditionnés par un regard tourné vers l'actualité ou un futur imaginaire de la société occidentale.

  

THE ACADEMIC PAINTING AND MODERN ART

 

In France, the Academism extends during the Second Empire and the Third Republic, that is during the second half of the 19 th century, the Neoclassicism which dominated under the Revolution and the Empire. This is the name that the classicism takes at these times, and it is also found in other European countries, notably Germany, possibly under other names.

Thomas Couture (1815-1879) was a professor at the School of Fine Arts in Paris, and formed Puvis de Chavannes and Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professor at the School of Fine Arts in Paris and member of the Academy of Fine Arts, very famous during his lifetime is one of the major representatives of academic painting and an opponent of the "Impressionists".

Alexandre Cabanel (1823-1889), another very great academic painter, is seventeen times member of the Jury of the Salon. His "Birth of Venus" (1863) is taken as a target by the supporters of the Impressionists as Emile Zola.

The French academicism is also represented by William Bouguereau (1825-1905) who painted in 1879 a "Birth of Venus" and by Ernest Messonnier (1815-1891) well represented also in the Musée d'Orsay

Academism, ie classical painting in the course of the 19th century, is a European trend, not only French. In Germany Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, in Belgium Franz Stevens, in England Lawrence Alma Tadema, in Spain Maria Fortuny. In Italy Francesco Hayez (1791-1882), famous for his painting of the Brera of Milan (the Kiss). It is also possible to store in this school the American painters of the luminist school (The River Hudson School)

The spirit of Academism is as romantic as it is classical, but the common point of all these painters is an impeccable technique, a precise, perfectly finished drawing. Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. They do not throw the paint on the canvas. They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject the techniques of "tachism", or the "flat painting" without perspective or depth.

They do not use arbitrary colors that do not match those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape of European history. They are in the tradition of all European painting since the 16th century.

 

Academic painting is in total opposition to the Modern Art represented by the Realists (Courbet), the pre-impressionists of the Barbizon school, the impressionists and the post-impressionists not only stylistically but also, and perhaps above all, thematically. In fact, while stylistic research was largely inspired by ancient aesthetics (flat painting), the themes of European painting changed completely at the end of the 19ᵉ century and the beginning of the 20ᵉ century. It follows in the footsteps of Dutch painting of the 17ᵉ century.

Academic painters, like their ancestors, seek their inspiration in the Old or New Testament, the History of Europe, ancient or more recent, Mythology, Literature.

During more than six centuries European painting has been inspired by the past. The Renaissance, as we have seen, is a new look at Antiquity that is imposed in the upper classes.

Modern Art is to the opposite: It's the triumph of everyday life, the victory of the painting of the present over that of the past. Not only the religious themes of Catholic art, but also all those inspired by history, Greco-Roman antiquity, mythology and literature are gradually disappearing from European painting.

Throughout the 19ᵉ century all European painting gradually tends towards an exclusive representation of landscapes and contemporary society, before ceasing to represent reality with abstraction.

This is a major cultural break that testifies to totally new ideological orientations: the past is outdated, without interest, only the present and the future count. This is why this period has been called that of "Modern Art". A appellation that testifies to a whole ideological programme, a whole different conception of the world, a reversal of European and Western cultural values.

An evolution that will culminate after 1950 with Contemporary Art, the official, institutional one, but also with local, regional, national art. Fine or ugly, absurd or significant, provocative or not, contemporary arts are all conditioned by a look at the present or imaginary future of Western society.

 

Giuseppe Canella 1788-1847 Milan

Vue du boulevard Montmartre à Paris

1830

Cherbourg Musée des Beaux Arts Thomas Henri

Peintre italien de vedute Italian painter of vedute

 

Le Romantisme européen conserve beaucoup de thèmes tirés de la religion, de l'histoire européenne, mais déjà beaucoup moins de la mythologie et de l'histoire gréco-romaine. Il adore les thèmes exotiques, les Turcs, les Arabes, les Harems des Sultans (avec des femmes d'origine européennes souvent Slaves). Il aime aussi les thèmes littéraires et ceux observés à partir de la vie quotidienne. Il est déjà une introduction à l'Art Moderne, qui ne commence pas qu'avec les Impressionnistes. Tant au point de vue des thèmes, que du point de vue du style chez certains de ses artistes, comme Delacroix.

 

European Romanticism retains many themes drawn from religion, from European history, but already far less from mythology and Greco-Roman history. He adores exotic themes, Turks, Arabs, Harems of the Sultans (with women of European origin often Slavs). He also likes literary themes and those observed from everyday life. It is already an introduction to Modern Art, which does not begin only with the Impressionists. Both from the point of view of themes, and from the point of view of style in some of his artists, such as Delacroix.

 

ART MODERNE et ROMANTISME MODERN ART and ROMANTISM

 

Les historiens de l'art fixent habituellement les débuts de l'art moderne aux impressionnistes. Mais bien évidemment cette périodisation est relative. Il est possible de remonter aux pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, ou encore plus au début du siècle, dans les années 1810-1840 aux romantiques. Et ce pour toute l'Europe..

Les écoles romantiques européennes ont en effet un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

 

Art historians usually fix the beginnings of modern art to the impressionists. But of course this periodization is relative. It is possible go back higher in time to the pre-impressionists of the Barbizon school or even more at the beginning of the century, in the years 1810-1840 to the romantics. And this for all of Europe. We can mention Turner, Constable, Delacroix and the German Karl Blechen.

European romantic schools have indeed a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Nature morte à la poire. Still life with pear. 1890-1905

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

JJ Henner est parfaitement capable de peindre, de manière classique, une oeuvre achevée, au dessin précis, comme le démontrent certains de ses portraits ( le sous-préfet d'Altkirch). Mais la manière de peindre la plus habituelle de Henner est très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes et ses coloris qui peuvent l'apparenter aux peintres académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot, Jean Jacques Henner peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire.

Outre l'esquisse qu'il utilise de manière très systématique, "la peinture plate", notamment pour les paysages, est une de ses techniques habituelles : Atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes. Notamment pas par l'accent que les impressionnistes mettent sur la luminosité et leur choix d'une peinture claire. Les tonalités dominantes de JJ Henner restent dans la tradition classique : plutôt sombres. Mais il fréquente les peintres impressionnistes et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. JJ Henner is perfectly capable of painting, in a classic way, a finished work, with precise drawing, as demonstrated by some of his portraits (the sub-prefect of Altkirch). But the most usual way of painting Henner is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. It is his themes and colors that can relate him to academic painters. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, Jean Jacques Henner can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses very systematically, the "flat painting", particularly for landscapes, is one of his usual techniques: Attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques. Especially not by the emphasis that the impressionists put on the luminosity and their choice of a clear painting. The dominant tones of JJ Henner remain in the classical tradition: rather dark. But he frequents the impressionist painters and is not at all hostile to them.

  

Lawrence Alma-Tadema. 1836-1912. Paris.

The Vintage Festival. 1871.

Hambourg Kunsthalle.

  

ALMA TADEMA (Lawrence)

 

Lawrence Alma Tadema ( 1836-1912) d'origine néerlandaise est actif à Anvers, à Paris puis à Londres où ll s'installe pour échapper à la guerre franco-allemande de 1870. Il est un représentant notable du courant classique appelé à son époque "Académique". Il connait une belle carrière officielle couronnée à Londres par un anoblissement et son introduction à l'Académie Royale. Durant toute cette période de l'histoire de la peinture européenne coexistent des courant très divers, mais qui peuvent s'ordonner autour de deux principales orientations :

1° Les courants de peinture continuant la grande tradition de l'art classique ( dessin impeccable, thématique inspirée par la religion, l'histoire et la mythologie), Alma Tadéma appartient incontestablement à cette première catégorie.

2° les écoles s'orientant vers des techniques plus modernistes ( peinture plate, tachisme, esquisse, décomposition des volumes et des formes, couleurs arbitraires....) et exploitant une thématique plus orientée vers le paysage naturel ou urbain de l'époque : pré impressionnisme, impressionnisme, post impressionnisme, abstraction.

 

Lawrence Alma Tadema (1836-1912) of Dutch origin is active in Antwerp, Paris and London, where he settles to escape the Franco-German war of 1870. He is a notable representative of the classical current called in his time "Academic". He has a fine official career crowned in London by an ennobling and his introduction to the Royal Academy. Throughout this period of the history of European painting coexist very different currents, but which can be organized around two main orientations:

1 ° The currents of painting continuing the great tradition of classical art (impeccable drawing, thematic inspired by religion, history and mythology), Alma Tadéma undoubtedly belongs to this first category.

2 ° schools moving towards more modern techniques (flat painting, tachism, sketching, decomposition of volumes and shapes, arbitrary colors ...) and expending a thematic more oriented to the natural or urban landscape of the time Pre-Impressionism, Impressionism, Post-Impressionism, Abstraction

   

Karl Millner 1825-1895

Vorderer Gosausee mit Dachstein

Front Gosausee with Dachstein vers 1855

München Lenbachhaus

 

LA PEINTURE ACADEMIQUE

 

En France l'Académisme prolonge pendant le Second Empire et la III è République, c'est à dire pendant la seconde moitié du 19 è siècle, le Néo-classicisme qui dominait sous la Révolution et l'Empire. C'est le nom que prend le classicisme à ces époques, et il se retrouve aussi dans d'autres pays européens, notamment l'Allemagne, éventuellement sous d'autres appellations.

Thomas Couture (1815-1879) fut professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et forma Puvis de Chavannes et Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et membre de l'Académie des Beaux Arts, très célèbre de son vivant est un des représentants majeurs de la peinture académique et un adversaire des "Impressionnistes".

Alexandre Cabanel (1823-1889), autre très grand peintre académique, est dix sept fois membre du Jury du Salon. Sa "Naissance de Vénus" (1863) est pris comme cible par les partisans des impressionnistes comme Emile Zola.

L'Académisme Français est représenté encore par William Bouguereau (1825-1905) qui peint en 1879 une "Naissance de Vénus" et par Ernest Messonnier (1815-1891).

L'Académisme, c'est à dire la peinture classique dans le courant du 19è siècle, est un courant européen, pas seulement français. On peut citer en Allemagne Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, en Belgique Franz Stevens, en Angleterre Lawrence Alma Tadema, en Espagne Maria Fortuny. En Italie Francesco Hayez (1791-1882), célèbre pour son tableau de la Brera de Milan ( le Baiser). Il est aussi possible de ranger dans cette école les peintres américains de l'école luministe (The River Hudson School)

Le point commun essentiel de tous ces peintres est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une oeuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs oeuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

  

THE ACADEMIC PAINTING

 

In France, the Academism extends during the Second Empire and the Third Republic, that is during the second half of the 19 th century, the Neoclassicism which dominated under the Revolution and the Empire. This is the name that the classicism takes at these times, and it is also found in other European countries, notably Germany, possibly under other names.

Thomas Couture (1815-1879) was a professor at the School of Fine Arts in Paris, and formed Puvis de Chavannes and Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professor at the School of Fine Arts in Paris and member of the Academy of Fine Arts, very famous during his lifetime is one of the major representatives of academic painting and an opponent of the "Impressionists".

Alexandre Cabanel (1823-1889), another very great academic painter, is seventeen times member of the Jury of the Salon. His "Birth of Venus" (1863) is taken as a target by the supporters of the Impressionists as Emile Zola.

The French academicism is also represented by William Bouguereau (1825-1905) who painted in 1879 a "Birth of Venus" and by Ernest Messonnier (1815-1891) well represented also in the Musée d'Orsay

Academism, ie classical painting in the course of the 19th century, is a European trend, not only French. In Germany Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, in Belgium Franz Stevens, in England Lawrence Alma Tadema, in Spain Maria Fortuny. In Italy Francesco Hayez (1791-1882), famous for his painting of the Brera of Milan (the Kiss). It is also possible to store in this school the American painters of the luminist school (The River Hudson School)

The spirit of Academism is as romantic as it is classical, but the common point of all these painters is an impeccable technique, a precise, perfectly finished drawing. Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. They do not throw the paint on the canvas. They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject the techniques of "tachism", or the "flat painting" without perspective or depth.

They do not use arbitrary colors that do not match those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape of European history. They are in the tradition of all European painting since the 16th century.

   

 

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Fish markt in Venice 1892

  

OLGA WISINGER FLORIAN:

ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore arrivé à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

   

Georg Achen 1860-1912 Danmark

La fenêtre de rêve dans le vieux château de Liselund.

The dream window in the old Liselund Castle. 1903

Aarhus Kuntsmuseum Denmark

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

   

Vilhelm Hammershoi 1864-1916

Une vieille femme An old woman 1886

Copenhague Collection Hirschsprung

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

  

Carl Blechen. 1798-1840. Berlin

Arbres en Automne au lever du Soleil. 1823.

Berlin Alte Nationalgalerie.

 

BLECHEN (Carl) : LE ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

  

Eugène Delacroix 1798-1863 Paris

Lionne terrassant un sarrasin

Lioness slaughtering a arab

Nice Musée des Beaux Arts

 

Après toute cette série de tableaux appartenant à des écoles de tendance classique le tableau de Delacroix met en évidence la première rupture stylistique que le romantisme représente avant même les impressionnistes. Ce tableau n'est pas indiqué comme étant une esquisse, pourtant il en a toutes les apparences. Pour un peintre classique, néoclassique, baroque ou académique ce tableau n'est pas fini, achevé.

 

After all this series of paintings belonging to schools of classical tendency, Delacroix's painting highlights the first stylistic break that romanticism represents even before the Impressionists. This painting is not indicated as a sketch, yet it has all the appearances. For a classical painter, neoclassical, baroque or academic this painting is not finished, completed.

  

LE DESSIN ET LA COULEUR

 

Les relations ont été souvent tendues entre le Dessin et la Couleur. L'art n'échappe pas plus aux querelles d'école qu'aux idéologies.

Les deux courants, le courant du dessin, que l'on peut dire classique, et celui coloriste, traversent une partie de l'histoire de la peinture européenne sous des appellations différentes selon les époques.

Il faut cependant attendre le 16è et "la peinture pleine", c'est dire la peinture imitant parfaitement la nature, la peinture capable de restituer les trois dimensions de notre monde visible, pour que cette distinction apparaisse clairement au travers de l'opposition entre l'école florentine (classique) et l'école vénitienne (coloriste).

Pour certains historiens de l'art Giorgione serait un des premiers peintres à peindre directement son tableau, sans passer par le préalable du dessin.

Giorgio Vasari auteur en 1550 des "Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes" avait critiqué sévèrement le Tintorêt pour sa négligence du dessin : " Ses croquis, dit-il, sont si rudes que les traits de son crayon manifestent plus de force que de jugement et semblent tracés au hasard."

et :" Si, au lieu de s'écarter de la bonne voie, il avait continué le noble style de ses prédécesseurs, il serait devenu un des plus grands peintres que Venise ait jamais eus." Ce en quoi il se trompait lourdement, le jugement du Temps ayant donné raison au Tintoret contre Vasari dont l'ouvrage très intéressant n'est pas exempt d'erreurs. Et en tant que peintre Vasari est estimé fort en dessous du Tintoretto.

 

Le courant classique est surtout caractérisé par la précision du dessin, la finesse de la touche, l'achèvement du tableau. Ensuite vient une relative sobriété des couleurs. Le courant classique préfère aussi, en principe, la modération dans l'expression des sentiments et une certaine retenue dans le mouvement. Mais le lien n'est pas direct entre le fond et la forme. Des thèmes baroques ou romantiques peuvent être traités de manière classique. De même, des sujets classiques peuvent être peints dans un style coloriste et expressif.

En Italie le courant classique a eu Florence et Bologne pour champions. Selon les époques il prend le nom de Classicisme, à partir des Carrraci, d'Atticisme, de Néo-classicisme, d'Académisme...

 

L' autre courant, que l'on peut appeller coloriste, privilégie nettement la couleur sur le dessin. Cette école de peinture ne dessine pas nécessairement le tableau avant de le peindre. Elle peint directement sur la toile sans passer par le dessin, ou tout au moins un dessin précis. On peut dire que cette école dessine avec les couleurs. Le courant coloriste s'autorise aussi un fini de la touche moindre, et accepte de considérer comme achevé des tableaux plus proches de l'esquisse. Par ailleurs, mais ce n'est pas une règle absolue, il préfère l'expression des sentiments à leur sobriété et le mouvement à la stabilité..

Le courant coloriste a pris des noms divers selon les époques : Maniérisme, Baroque, Rococo, Romantisme, Impressionnisme, Fauvisme, Expressionnisme...

Durant toute l'histoire de la peinture européenne nombreux ont été les peintres qui ont empruntés à chacun de ces deux courants. Toute l'école de la peinture française, sous Louis XIII et Louis XIV, est un mélange subtile de classicisme et de baroque, avec des accents plus classiques ou plus baroques, selon les époques et les peintres.

La France a entretenu la querelle des partisans de Rubens (Colorisme Baroque), opposés aux partisans de Poussin (Classique).

Au 19è la France verra l'affrontement entre les néo-classiques (Ingres) et l'Académisme (Couture, Bouguereau, Cabanel) d'une part, et d'autre part les peintres romantiques (Delacroix) puis réalistes (Millet, Courbet), les pré-impressionnistes (Ecole de Barbizon) et un peu plus tard les impressionnistes.

Delacroix et l'école romantique annonce déjà très clairement l'Art Moderne.

La fin du 19è siècle et surtout le début du 20è siècle vont être le chant du cygne puis la mort de l'esthétique classique dans la peinture européenne. A partir des Impressionnistes on peut dire que c'est le triomphe de l'esthétique coloriste dans la peinture figurative.

 

THE DRAWING AND THE COLOR.

 

The relations between the Drawing and the Color have often been strained. Art does not escape the ideologies. Similarly, art does not escape the quarrels of schools.

The two currents, the current of the drawing, which can be called classical, and the colorist, traverse part of the history of European painting under different names according to the epochs.

However, we must wait until the 16th century and the "full painting" ie the painting perfectly imitating the nature, the painting capable of reproducing the three dimensions of our visible world, so that this distinction can be seen clearly through the opposition between the Florentine school (classique) and the Venetian school (coloriste).

For some art historians Giorgione would be one of the first painters to paint his array directly on the canvas, without going through the preliminary of the drawing.

Giorgio Vasari, autor in 1550 of the "Lives of the Best Painters, Sculptors and Architects", had severely criticized Tintoretto for his negligence of the drawing: "His sketches," he says, "are so rude that the features of his pencil show more strength than of judgment and seem to be drawn at random. "

And: "If, instead of departing from the right path, he had continued the noble style of his predecessors, he would have become one of the greatest painters Venice ever had." In this he was mistaken, for the judgment of Time having given reason to Tintoretto against Vasari, whose very interesting work is not free of errors. And as a painter Vasari is esteemed far below the Tintoretto.

 

The classical current is mainly characterized by the precision of the drawing, the fineness of the paint touch, the completion of the painting. Then comes a relative sobriety of colors. The classical current also prefers, in principle, the moderation in the expression of feelings and a certain restraint in the movement. But the link is not direct between the substance and the form. Baroque or romantic themes can be treated in a classic way. Similarly, classical subjects can be painted in a colorist and expressive style.

In Italy the classical current had Florence and Bologna for champions. According to the times it takes the name of Classicism, starting from Carrraci, Atticism, Neoclassicism, Academism.

The other current, which may be called colourist, clearly favors color on the drawing. This school of painting does not necessarily draw the picture before painting it. She paints directly on the canvas without going through the drawing, or at least a precise drawing. It can be said that this school draws with colors. The Colorist current also allows a touch less finite, less perfect, less detailed, and accepts completed tables closest the sketch. Also, but it is not an absolute rule, he prefers the expression of feelings to their sobriety and movement to stability.

The colorist current has taken various names according to the epochs: Mannerism, Baroque, Rococo, Romanticism, Impressionism, Fauvism, Expressionism ...

Throughout the history of European painting many have been the painters who borrowed from each of these two currents. The whole school of French painting, under Louis XIII and Louis XIV, is a subtle blend of classicism and baroque, with more classic or more baroque accents, according to the epochs and the painters.

France has maintained the quarrel between the partisans of Rubens ((Colourism Baroque)), opposed to the partisans of Poussin (Classic).

In the 19th century, France experienced a confrontation between the neo-classics (Ingres) and the Académisme (Couture, Bouguereau, Cabanel) on the one hand, and, secondly, the romantics (Delacroix) then realistics painters (Millet, Courbet ), the pre-impressionists (Barbizon School) and a little later the Impressionists.

Delacroix and the Romantic school already clearly announces the Modern Art.

The end of the 19th century and especially the beginning of the 20th century were to be the song of the swan and then the death of the classical aesthetics in European painting. From the Impressionists one can say that it is the triumph of colorist aesthetics in figurative painting.

   

Pierre Henri Révoil 1776-1842 Paris

Charles Quint à l'abbaye de Saint Just.

Charles V at the Abbey of Saint Just. 1836

Avignon Musée Calvet

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Franz von Lenbach 1836-1904 München

Hüterbub auf einem Grashügel

Jeune gardien sur une colline d'herbe

Guardian boy on a grass hillv 1859

Munich Lenbachaus

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

  

Antonio Fontanesi. 1818-1882. Turin. Alberi nella valletta.

Trees in the small valley.1873. Turin Galleria d'Arte Moderna e Contemporanea

 

ART MODERNE ET CONTEMPORAIN

 

Certains musées exposent uniquement des oeuvres de l'Art Ancien, d'autres regroupent l'Art ancien et l' Art Moderne, ou encore sont spécialisés dans l'Art Moderne ou dans l'Art Contemporain, séparément. Certains musées, comme le musée de Turin, proposent, des oeuvres appartenant aux deux dernières périodes : celle de l'Art Moderne (1850-1950) et celle de l'Art Contemporain (Après 1950). Les oeuvres ne sont pas présentées successivement, en suivant la logique de l'histoire, mais alternativement et parfois dans la même salle.

Cette représentation en simultanée de l'Art Moderne et de l'Art Contemporain dans un même lieu d'exposition présente l'intérêt de faire bien apercevoir les différences très nettes de conception de l'art (en peinture et sculpture) qui caractérisent et opposent ces deux périodes et l'art qu'elles proposent.

On comprend très bien la particularité de l'art contemporain :

1° L'art non figuratif (abstrait) est une création majeure de la période dite Moderne. Inévitablement l'art abstrait ouvre la porte au Non-sens, à l'absence de tout discours intelligible, et donc partagé entre l'artiste et le public. Mais avec l'Art Contemporain, le non sens devient l'Absurde. L'absence de signification se transforme en une apologie systématique de la dérision et de l'aberration.

2° Sauf exceptions très rares, le Beau n'est plus une finalité de l'artiste, et le Laid le remplace comme but de l'oeuvre d'art. C'est la nouveauté, la plus caractéristique sans doute, de l'Art Contemporain. Une rupture majeure dans l'histoire de l'art universel. Créer du Laid à la place du Beau n'est pas une invention innocente, et encore moins un accident, mais une volonté révélatrice d'un état d'esprit. Un profond renversement des valeurs, révélateur de l'état d'une société.

3° La recherche d'une communication, d'un dialogue, d'une émotion partagée, avec un public le plus large possible, est devenu esprit de coterie, égotisme, refus de communiquer, obsession de la provocation distinctive et exclusive. De l'art Dialogue entre les élites et les peuples, l'Occident est passé à l'art Rupture entre les élites et les peuples.

4° L'étonnante diversité, l'esprit de recherche de la nouveauté, qui caractérise l'Art Moderne, s'est stérilisée, et s'est transformée en une systématique de l'absurde et du laid. Les provocations de l'Art Contemporain officiel n'ont absolument rien d'une liberté de création, rien d'une innovation, mais sont tout au contraire stériles, totalitaires, conformistes, académiques.

5° L'échec total de la peinture et de la sculpture officielle contemporaine dans leur dialogue avec le public est à comparer et à opposer aux réussites esthétiques que connaît l'architecture contemporaine. La raison en est simple et se résume en quelques mots : Les architectes sont contraints par différentes circonstances de fait incontournables de créer des oeuvres qui durent, qui servent et qui plaisent au public, au grand public, et pas seulement à une coterie de prétendus éclairés.

Ces contraintes sont leur sauvegarde. Ces contraintes sont aussi la sauvegarde en architecture contemporaine d'un art véritable. Alors que la peinture officielle n'a d'art que le nom. L'art officiel a pu favoriser en peinture, non seulement l'art minimal mais tout simplement le non-art : à la fois laid, sinistre, et absurde. En architecture, les oeuvres laides, sinistres et absurdes existent bien sûr; mais ce sont tout simplement des échecs qui sont reconnus comme tels. Alors qu'en peinture et en sculpture ce sont ces échecs qui sont niés, et même plus proclamés comme étant des réussites. La grande majorité des tableaux de peinture contemporaine peuvent être présentés la tête en bas : personne n'y verra rien. Pas même les auteurs de notices explicatives. C'est impossible à faire pour un bâtiment, même pas pour un musée d'art contemporain.

  

MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Some museums exhibit only works of Ancient Art, others include Ancient and Modern Art, or are specialized in Modern Art or Contemporary Art, separately. Some museums, such as the Turin Museum, offer works belonging to the last two periods: Modern Art (1850-1950) and Contemporary Art (after 1950). The works are not presented successively, following the logic of history, but alternately and sometimes in the same room.

This simultaneous representation of Modern and Contemporary Art in the same place of exhibition presents the interest of making clear the very clear differences of conception of art (in painting and sculpture) that characterize and contrast these two Period and the art they propose.

We can then understand very well the peculiarity of contemporary art:

1) Non-figurative art (abstract art) is a major creation of the Modern period. Inevitably, abstract art opens the door to the nonsense, to the absence of any intelligible discourse, and therefore shared between the artist and the public. But with Contemporary Art, the non sense becomes the Absurd. The absence of meaning is transformed into a systematic apology of derision and aberration.

2) Except for very rare exceptions, the Beau is no longer an end of the artist, and the Laid (ugly) replaces it as the goal of the work of art. This is the novelty, undoubtedly the most characteristic of Contemporary Art. A major break in the history of universal art. Creating ugliness in place of the Beautiful is not an innocent invention, much less an accident, but a will revealing a state of mind. A profound reversal of values, revealing of the state of a society.

3) The search of a communication, a dialogue, and shared emotion, with a the widest possible public, is become a spirit of coterie, egotism, a refusal to communicate, an obsession with the distinctive and exclusive provocation. From the Art Dialogue between the elites and the peoples, the West has passed in the 1950s to art Rupture between the elites and the peoples

4) The astonishing diversity, the spirit of search for novelty, which characterizes Modern Art, has sterilized itself, and has been transformed into a systematics of the absurd and of the ugly. The provocations of contemporary art have absolutely nothing of a freedom of a creation, nothing of an innovation, but are, on the contrary, sterile, totalitarian, conformist, academic.

5. The total failure of contemporary official painting and sculpture in their dialogue with the public is to be compared and contrasted with the aesthetic successes of contemporary architecture. The reason for this is simple and can be summarized in a few words: Architects are constrained by various essential facts to create works that last, that serve and that pleases to the public, the general public, and not only to a coterie of so-called enlightened . These constraints are their safeguard. These constraints are also the safeguard in contemporary architecture of a true art. While the official painting has only the name of art. The official art was able to promote in painting not only the minimal art but simply the non-art: at once ugly, sinister, and absurd. In architecture the works ugly, sinister and absurd exist of course; But they are simply failures that are recognized as such. On the contrary, in painting and sculpture, these failures are denied, and even more proclaimed as successes.

The vast majority of contemporary paintings can be presented upside down: no one will see anything. Not even the authors of explanatory notes. It's impossible to do for a building, not even for a museum of contemporary art.

   

Edouard Debat-Ponsan 1847-1913 Paris

Coin de vignes, Languedoc.

Corner of vineyards, Languedoc 1886

Nantes Musée d'Arts.

 

LA PEINTURE ACADEMIQUE

 

En France l'Académisme prolonge pendant le Second Empire et la III è République, c'est à dire pendant la seconde moitié du 19 è siècle, le Néo-classicisme qui dominait sous la Révolution et l'Empire. C'est le nom que prend le classicisme à ces époques, et il se retrouve aussi dans d'autres pays européens, notamment l'Allemagne, éventuellement sous d'autres appellations.

Thomas Couture (1815-1879) fut professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et forma Puvis de Chavannes et Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et membre de l'Académie des Beaux Arts, très célèbre de son vivant est un des représentants majeurs de la peinture académique et un adversaire des "Impressionnistes".

Alexandre Cabanel (1823-1889), autre très grand peintre académique, est dix sept fois membre du Jury du Salon. Sa "Naissance de Vénus" (1863) est pris comme cible par les partisans des impressionnistes comme Emile Zola.

L'Académisme Français est représenté encore par William Bouguereau (1825-1905) qui peint en 1879 une "Naissance de Vénus" et par Ernest Messonnier (1815-1891).

L'Académisme, c'est à dire la peinture classique dans le courant du 19è siècle, est un courant européen, pas seulement français. On peut citer en Allemagne Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, en Belgique Franz Stevens, en Angleterre Lawrence Alma Tadema, en Espagne Maria Fortuny. En Italie Francesco Hayez (1791-1882), célèbre pour son tableau de la Brera de Milan ( le Baiser). Il est aussi possible de ranger dans cette école les peintres américains de l'école luministe (The River Hudson School)

Le point commun essentiel de tous ces peintres est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une oeuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs oeuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

  

THE ACADEMIC PAINTING

 

In France, the Academism extends during the Second Empire and the Third Republic, that is during the second half of the 19 th century, the Neoclassicism which dominated under the Revolution and the Empire. This is the name that the classicism takes at these times, and it is also found in other European countries, notably Germany, possibly under other names.

Thomas Couture (1815-1879) was a professor at the School of Fine Arts in Paris, and formed Puvis de Chavannes and Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professor at the School of Fine Arts in Paris and member of the Academy of Fine Arts, very famous during his lifetime is one of the major representatives of academic painting and an opponent of the "Impressionists".

Alexandre Cabanel (1823-1889), another very great academic painter, is seventeen times member of the Jury of the Salon. His "Birth of Venus" (1863) is taken as a target by the supporters of the Impressionists as Emile Zola.

The French academicism is also represented by William Bouguereau (1825-1905) who painted in 1879 a "Birth of Venus" and by Ernest Messonnier (1815-1891) well represented also in the Musée d'Orsay

Academism, ie classical painting in the course of the 19th century, is a European trend, not only French. In Germany Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, in Belgium Franz Stevens, in England Lawrence Alma Tadema, in Spain Maria Fortuny. In Italy Francesco Hayez (1791-1882), famous for his painting of the Brera of Milan (the Kiss). It is also possible to store in this school the American painters of the luminist school (The River Hudson School)

The spirit of Academism is as romantic as it is classical, but the common point of all these painters is an impeccable technique, a precise, perfectly finished drawing. Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. They do not throw the paint on the canvas. They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject the techniques of "tachism", or the "flat painting" without perspective or depth.

They do not use arbitrary colors that do not match those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape of European history. They are in the tradition of all European painting since the 16th century.

  

Gustave Courbet. 1819-1877.

Mer calme à Palavas. Calm sea at Palavas 74x93

Sète Musée Paul Valéry.

  

COURBET : LA CONTESTATION DE LA PEINTURE ACADEMIQUE

 

Peintre romantique converti au réalisme, Gustave Courbet représente la contestation de la "Grande Peinture" française. La peinture agréée pour être présentée au salon annuel de Paris, par un jury de peintres célèbres et reconnus appartenant à l'Académie de Peinture.

La contestation de Courbet ne se situe pas essentiellement dans la forme. L'art de Courbet, malgré sa touche parfois apparente, reste classique. Il a peint dans un style parfaitement acceptable par l'Académie, qui a d'ailleurs reçu un très grand nombre de ses tableaux. Sur le plan de la forme Edouard Manet poussera la contestation de la peinture classique, 10 ans après, beaucoup plus loin, avec des oeuvres dans lesquelles la perspective et les volumes s'effacent.

C'est au fond, par les thèmes de ses tableaux, que Courbet s'oppose à la Grande Peinture. Dans certaines oeuvres la provocation se limite à adopter, pour des sujets de la vie quotidienne, les très grands formats qui étaient réservés à la peinture noble : les sujets religieux, en perte de vitesse, les sujets mythologiques, littéraires ou historiques.

C'est en cela que des tableaux comme "un Enterrement à Ornans"(1850 Paris Orsay), "les Paysans de Flagey revenant de la foire" (1855 Ornans Musée Courbet)) sont des tableaux contestataires. Les grands tableaux convenaient parfaitement pour représenter un sujet noble comme " Les Romains de la décadence" de Thomas Couture (Paris Orsay 1847) ou "Les femmes Gauloises : épisode de l'invasion romaine" de Barthélémy Glaize (Paris Orsay 1851).

Mais ce même grand format utilisé pour peindre le banal enterrement d'un bourgeois quelconque dans une petite ville de la province française, ou le retour de paysans aisés d'une foire, au pas des boeufs et tirés par un cochon, c'était de la provocation pure et simple.

Courbet a peint d'autres tableaux qui, tout en restant parfaitement académique en la forme, sont plus contestataires encore par le fond même du sujet. Par exemple "les Baigneuses" (1853 Montpellier) et "Bonjour Mr Courbet" (1854 Montpellier).

Comme "Le Déjeuner sur l'herbe" de Manet (1863 Paris Orsay), les "Baigneuses sont une critique explicite, pleine de moquerie, des grands tableaux mythologiques ou religieux, comme les nombreuses "Vénus, Diane, Bethsabée, Suzanne.... au bain" de la peinture classique.

"Bonjour Mr Courbet" aurait convenu pour célébrer la rencontre de Napoléon 1er et d'Alexandre 1er sur le Niemen, pas celle de Courbet, à la descente de la diligence de Paris, et de Bruyas et son valet, dans la campagne de Montpellier.

"L'Atelier" (1855 Orsay), peinture parfaitement académique par son style très soigné, est aussi tout à fait rebelle puisqu'il restitue sur un grand format, de manière plus ou moins allégorique, des épisodes de la vie du peintre, et ses réflexions ou opinions personnelles sur des événements ou personnages de son temps. Rien que de très banal, prosaïque, en fait. Les opinions du peintre, sa propre activité en atelier, ses amis et relations, les gens qu'il aime, et ceux qu'il n'aime pas, représentés dans le format des "Romains de la décadence", c'était tout à fait absurde. Le tableau fut refusé d'exposition au salon de 1955.

  

COURBET: THE CONTESTATION OF ACADEMIC PAINTING

 

Romantic painter converted to realism, Gustave Courbet represents a challenge to the French "Great Painting". The paint approved to be presented at the annual Salon of Paris, by a jury of famous and recognized painters belonging to the Academy of Painting.

The contestation of Courbet is not essentially in the form. The art of Courbet, despite its sometimes apparent touch, remains classic. He painted in a style perfectly acceptable by the Academy, which in fact received a very large number of his paintings. In terms of form Edouard Manet push the contestation of the classical painting, 10 years later, much further, with works in which the perspective and the volumes disappear.

It is at bottom, through the themes of his paintings, that Courbet is opposed to the Great Painting. In certain works, the provocation is limited to adopting, for subjects of everyday life, the very large formats that were reserved for the noble painting: religious subjects, in loss of speed, mythological, literary or historical subjects.

It is in this respect that paintings such as "a Burial at Ornans" (1850 Paris Orsay), "the Peasants of Flagey returning from the fair" (1855 Ornans Museum Courbet)) are anti-etablishment paintings. The great paintings were perfectly suited to represent a noble subject like "The Romans of Decadence" of Thomas Couture (Paris Orsay 1847) or "Women Gauloises: Episode of the Roman Invasion" by Barthélémy Glaize (Paris Orsay 1851).

But the same large format used to paint the banal burial of a bourgeois in a small town in the French province, or the return of wealthy peasants from a fair at the pace of oxen and pulled by a pig, it was a pure and simple provocation

Courbet has painted other pictures which, while remaining perfectly academic in the form, are still more protest by the very substance of the subject. For example "les Baigneuses" (1853 Montpellier) and "Bonjour Mr Courbet" (1854 Montpellier).

Like the "Lunch on the Grass" by Manet (1863 Paris Orsay), the "Bathers are explicitly critical, full of mockery of the great mythological and religious paintings, like all " Venus, Diana, Bathsheba, Suzanne to the bath ", painted by the classical painting for centuries.

The format and style of "Bonjour Mr Courbet" would have been adapted to celebrate the meeting of Napoleon 1st and Alexander 1st on the Niemen, not the meeting of Courbet, at the descent of the diligence of Paris, with Bruyas and his valet; in the countryside of Montpellier.

"L'Atelier" (1855 Orsay), painting perfectly academic by its very neat style, is also quite rebellious because it represents on a large format, more or less allegorically, episodes of the painter's life, and his personal reflections or opinions on events or personages of his time. Nothing but banal, prosaic, in fact.

The painter's opinions, his own workshop activity, his friends and relations, the people he loves, and those he does not like, represented in the format of the "Romans of decadence", was entirely absurd. The painting was refused exhibitionat the Salon in 1955.

   

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Fleurs devant la fenêtre flowers in the window 1887

Wien Musée Léopold Collection privée

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

 

Narcisse Diaz de la Pena. 1807-1876 Paris (Barbizon)

Environs de Fontainebleau. Surroundings of Fontainebleau.

Avignon Musée Angladon

 

BARBIZON (Ecole de)

 

L'école de Barbizon, pré-impressionniste, est active entre 1825 et 1875. Ses membres fondateurs furent Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), Charles-François Daubigny (1817-1878), Jean-François Millet (1814-1875) et Théodore Rousseau (1812-1867).

Les autres artistes les plus connus du grand public sont :

Antoine Chintreuil (1816-1873), Honoré Daumier (1808-1879), Narcisse Diaz de la Pena (1806-1876), Jules Dupré (1811-1889), Henri Harpiginies (1819-1916), Théodore Rousseau (1812-1867), Constant Troyon (1810-1865), Félix Ziem (1821-1911)

Ce sont les premiers artistes français à peindre les paysages, sur place, et pas seulement des esquisses, à compléter à l'atelier. Cette technique ne pouvait apparaître qu'avec la naissance des couleurs produites de manière industrielle. Ce n'est pas une école, au sens de lieu d'apprentissage, mais un lieu de rencontre et d'activité, privilégié par certains artistes du fait de sa situation près de Paris.

 

Les Pays Bas protestants avaient depuis le 18è siècle donné l'exemple d'une peinture qui prenait pour thème privilégié, voire unique, le paysage, celui des campagnes, ou de la mer. Mais en France, le choix de ce thème était quelque peu audacieux, et contestataire, alors que régnait toujours la peinture académique, qui favorisait les grands sujets : religion, histoire, mythologie...

Les peintres de l'école de Barbizon se sont beaucoup inspirés, notamment par leurs tonalités sombres, d'artistes comme Salomon Ruysdael (1602-1670) et Jacob Ruisdael (1628-1682), Meindert Hobbema (1638-1709)...

Les peintres de l'école de Barbizon ont aussi suivi l'exemple technique des romantiques anglais, John Constable (1776-1837) et Richard Parkes Bonnington (1802-1828) et des romantiques français comme Eugène Delacroix (1798-1863), Théodore Géricault (1791-1824), Théodore Chassériau (1819-1856). Ils seront eux mêmes les inspirateurs des impressionnistes.

 

THE BARBIZON SCHOOL.

 

The Barbizon school, pré impressionnist, was active between 1825 and 1875. Its founding members were Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), Charles-François Daubigny (1817-1878), Jean-François Millet (1814-1875) and Theodore Rousseau ( 1812-1867).

The other best-known artists of the public are:

Antoine Chintreuil (1816-1873), Honoré Daumier (1808-1879), Narcisse Diaz de la Pena (1806-1876), Jules Dupré (1811-1889), Henri Harpiginies (1819-1916), Théodore Rousseau (1812-1867), Constant Troyon (1810-1865), Félix Ziem (1821-1911).

These are the first French artists to paint landscapes, on site, and not just sketches, to be completed in the workshop. This technique could appear only after the birth of the colors produced industrially. This is not a school, in the sense of place of learning, but a place of meeting and activity, favored by some artists because of its location near Paris.

The Netherlands, Protestants, had since the 18th century gave the example of a painting that took for favorite theme, even unique, the landscape, of the campaigns or of the sea. But in France, the choice of this theme was somewhat daring and dissident, while always reigned the academic painting, which favored the "major subjects": religion, history, mythology ...

The painters of the Barbizon school were much inspired, notably their dark tones, of artists like Solomon Ruysdael (1602-1670) and Jacob Ruisdael (1628-1682), Meindert Hobbema (1638-1709) ...

The painters of the Barbizon school also followed the technical example, of the English Romantics, John Constable (1776-1837) and Richard Parkes Bonnington (1802-1828) and of the French romantics, as Eugène Delacroix (1798-1863), Theodore Géricault (1791-1824), Théodore Chassériau (1819-1856). They will themselves the inspirers of the Impressionists.

   

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Greenhouse at Gedersdorf 1910

Wien Musée Léopold Collection privée

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

   

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Petite Bergère. Little Shepherdess. vers 1890. Colmar. Unterlinden.

 

Jean Jacques Henner est une peintre d'origine alsacienne, qui fut actif à Paris. Son style est très personnel, il ne fut aucunement tenté par les tendances modernistes de son époque, mais il n'appartient pas non plus à l'école académique.

Il est un témoignage, parmi beaucoup d'autres, de cette époque privilégiée, 1815-1950, pendant laquelle la peinture européenne a vu, coexister tous les styles et toutes les écoles, dans la plus grande liberté et la plus grande diversité. Nous le retrouverons au musée de Mulhouse.

  

Jean-Jacques Henner is a painter of Alsacian origin, who was active in Paris. His style is very personal, he was in no way attempted by modernist trends of his time, but he does not belong to the academic school.

It is a testimony, among many others, of this privileged period, 1815-1950, during which European painting saw coexist all styles and all schools in the greater freedom and greater diversity.

 

Jean-Léon Gérôme. 1824-1904. Paris. La prière. The Prayer. 1865. Hambourg Kunsthalle.

  

Gérôme est le représentant, le plus notable en France de la peinture classique, dite, à cette époque, Académique. Jean Léon Gérôme fut très célèbre en son temps. Mais son hostilité au modernisme, représenté par les impressionnistes notamment, lui valu par la suite une déconsidération tout à fait excessive. Les modes idéologiques changent, comme les modes vestimentaires. Un jour il faut mourir pour la patrie, et quelques décennies plus tard il ne faut surtout pas être patriote, car c'est du racisme. En art c'est la même histoire, qui déroule ses chansons, fabriquées selon les humeurs des élites.

 

Gérôme is the representative, the most notable in France of classical painting, called at that time, Academic. Jean Leon Gerome was very famous in his time. But his hostility to modernism, represented by the Impressionists in particular, earned him a subsequent disrepute quite excessive. The ideological fashions change, such as clothing fashions. One day we must die for the homeland, and a few decades later it is important not to be patriotic, because it's racism. In art it is the same story, which unfolds his songs, manufactured by the moods of the elites.

 

Nicolai Abildgaard 1743-1809 Danish

Hamlet et sa mère

Hamlet and his mother 1778

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Gustave Courbet 1819-1877 Paris

Chevreuil sous bois. Roe deer under wood.

Nice Musée des Beaux Arts

 

Dans le foisonnement d'écoles de peinture qui caractérise l'art du 19è et de la première moitié du 20è siècle Courbet est considéré comme le chef de l'école réaliste. Il a été un objet de scandale à son époque par ses sujets qui s'écartent de la "grande peinture", celle d'histoire ou religieuse, et privilégie des petits événements sans importance (l'Enterrement à Ornans). Ses tonalités sombres n'étaient pas contraires à la mode académique du temps. Par contre la touche épaisse de sa peinture au couteau et ses tendances à l'esquisse n'ont pas été toujours été appréciées par les officiels du "Salon". Courbet a été par ailleurs un grand peintre de la nature observée dans sa région natale la Franche Comté.

In the abundance of schools of painting that characterizes the art of the 19th and the first half of the 20th century Courbet is considered the leader of the realist school. It was an object of scandal in his time by his subjects who deviate from the "great painting", that of history or religious, and favors small events unimportant (Burial at Ornans). His dark tones were not contrary to academic fashion of the time. As against the thick of his knife painting and sketching tendencies were not always appreciated by the officials of the "Salon". Courbet was also a great painter of nature seen in his native region of Franche Comté.

 

Christian Skredsvig 1854-1924 Norwegian

La Saint-Jean en Norvège

Midsummer's Eve in Norway 1886

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Pescado con cazuela de bano - Salvador Dalí – 1923-24 (Nature morte)

Dalí a peut-être peint cette nature morte lors de sa brève suspension de l'Académie des Beaux-Arts lorsqu'il a été accusé d'avoir incité une émeute étudiante. Pendant sa suspension, le jeune Dalí a poursuivi ses études académiques de peinture seul. Cette œuvre à saveur espagnole révèle l'œil de Dalí pour le détail du genre et un souci croissant pour la composition (Dim : 50.2 x 55.3 cm)

  

Fish with red Bowl - Salvador Dalí – 1923-24 (Still Life)

Dalí may have painted this still life during his brief suspension from the Academy of Fine Arts when he was accused of inciting a student riot. During his suspension, the young Dalí continued to pursue his academic study of painting on his own. This Spanish-flavored work reveals Dalí's eye for genre detail and a growing concern for composition (Dim : 19 3/4 in x 21 3/4 in).

   

Olga Winsinger-Floran 1844-1926 Wien

At the rose garden c 1903

Wien Musée Léopold (Collection privée)

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

   

Nicolai Abildgaard 1743-1809 Danish

Ossian chantant son chant du cygne

Ossian singing his swan song ca 1780

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Nicolai Abildgaard 1743-1809 Danish

Ymer taite la vache Audhumbla

Ymer sucking the cow Audhumbla ca 1777

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Erik Henningsen 1855-1930 Danish

Locataires expulsés Evicted tenants 1892

Copenhagen Statens Museum for Kunst

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

  

Frédéric Bazille. 1841-1870. Paris. La robe rose. The pink dress. 1864. Paris Orsay

 

Cette série de tableaux de Bazille, Cézanne, Cabanel montre que Bazille était nettement plus proche, par la correction de son dessin, des académiques que de Cézanne. Il a fréquenté très assidument Manet, les Impressionnistes, Cezanne lui même, mais son style restait plus en accord avec la tradition plus classique. Cette série de tableau de l'exposition temporaire met bien en évidence la diversité des styles de peinture de l'époque.

  

This series of paintings by Bazille, Cézanne, and Cabanel shows that Bazille was much closer, by the correction of his drawing, to the academic than to Cezanne. He frequented Manet, the Impressionists, and Cezanne himself very assiduously, but his style remained more in keeping with the more classical tradition. This series of paintings in the temporary exhibition highlights the diversity of painting styles of the period.

 

Antoine Chintreuil 1814-1873

Le bouleau blanc White birch

Brou Musée du Monastère Royal. Influence de Corot dont il fut le meilleur élève

Corot influence of which he was the best student

 

BARBIZON (Ecole de)

 

L'école de Barbizon, pré-impressionniste, est active entre 1825 et 1875. Ses membres fondateurs furent Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), Charles-François Daubigny (1817-1878), Jean-François Millet (1814-1875) et Théodore Rousseau (1812-1867).

Les autres artistes les plus connus du grand public sont :

Antoine Chintreuil (1816-1873), Honoré Daumier (1808-1879), Narcisse Diaz de la Pena (1806-1876), Jules Dupré (1811-1889), Henri Harpiginies (1819-1916), Théodore Rousseau (1812-1867), Constant Troyon (1810-1865), Félix Ziem (1821-1911)

Ce sont les premiers artistes français à peindre les paysages, sur place, et pas seulement des esquisses, à compléter à l'atelier. Cette technique ne pouvait apparaître qu'avec la naissance des couleurs produites de manière industrielle. Ce n'est pas une école, au sens de lieu d'apprentissage, mais un lieu de rencontre et d'activité, privilégié par certains artistes du fait de sa situation près de Paris.

 

Les Pays Bas protestants avaient depuis le 18è siècle donné l'exemple d'une peinture qui prenait pour thème privilégié, voire unique, le paysage, celui des campagnes, ou de la mer. Mais en France, le choix de ce thème était quelque peu audacieux, et contestataire, alors que régnait toujours la peinture académique, qui favorisait les grands sujets : religion, histoire, mythologie...

Les peintres de l'école de Barbizon se sont beaucoup inspirés, notamment par leurs tonalités sombres, d'artistes comme Salomon Ruysdael (1602-1670) et Jacob Ruisdael (1628-1682), Meindert Hobbema (1638-1709)...

Les peintres de l'école de Barbizon ont aussi suivi l'exemple technique des romantiques anglais, John Constable (1776-1837) et Richard Parkes Bonnington (1802-1828) et des romantiques français comme Eugène Delacroix (1798-1863), Théodore Géricault (1791-1824), Théodore Chassériau (1819-1856). Ils seront eux mêmes les inspirateurs des impressionnistes.

 

THE BARBIZON SCHOOL.

 

The Barbizon school, pré impressionnist, was active between 1825 and 1875. Its founding members were Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), Charles-François Daubigny (1817-1878), Jean-François Millet (1814-1875) and Theodore Rousseau ( 1812-1867).

The other best-known artists of the public are:

Antoine Chintreuil (1816-1873), Honoré Daumier (1808-1879), Narcisse Diaz de la Pena (1806-1876), Jules Dupré (1811-1889), Henri Harpiginies (1819-1916), Théodore Rousseau (1812-1867), Constant Troyon (1810-1865), Félix Ziem (1821-1911).

These are the first French artists to paint landscapes, on site, and not just sketches, to be completed in the workshop. This technique could appear only after the birth of the colors produced industrially. This is not a school, in the sense of place of learning, but a place of meeting and activity, favored by some artists because of its location near Paris.

The Netherlands, Protestants, had since the 18th century gave the example of a painting that took for favorite theme, even unique, the landscape, of the campaigns or of the sea. But in France, the choice of this theme was somewhat daring and dissident, while always reigned the academic painting, which favored the "major subjects": religion, history, mythology ...

The painters of the Barbizon school were much inspired, notably their dark tones, of artists like Solomon Ruysdael (1602-1670) and Jacob Ruisdael (1628-1682), Meindert Hobbema (1638-1709) ...

The painters of the Barbizon school also followed the technical example, of the English Romantics, John Constable (1776-1837) and Richard Parkes Bonnington (1802-1828) and of the French romantics, as Eugène Delacroix (1798-1863), Theodore Géricault (1791-1824), Théodore Chassériau (1819-1856). They will themselves the inspirers of the Impressionists.

   

Christian Gottlieb. Kratzenstein Stub 1783-1816 Danish

Le fils d'Ossian et Alpin entendant l'esprit de Malvina

jouer de la harpe. 1816

Ossian and Alpin's son hearing the spirit of Malvina touching

the harp. 1816

Copenhague Statens Museum for Kunst

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Jean Baptiste Camille Corot. 1796-1875. Paris.

La campagne près de Rome.

The countryside near Rome 1826.

Munich Neue Pinakothek.

 

JEAN BAPTISTE CAMILLE COROT

 

L'histoire de l'art classe Corot parmi les peintres pré-impressionnistes. Il est un des fondateurs de l'Ecole de Barbizon.

Corot a été un peintre très novateur, mais qui a su ne pas entrer en conflit avec l'Académie de Paris.

Pourtant les tableaux de sa première période dans les années 1830-1840 notamment lors de ses voyages en Italie sont très clairement annonciateurs d'une des grandes "nouveautés" de l'Art Moderne : "la peinture plate". Ses tableaux de paysages témoignent de ses recherches en direction d' une perspective très réduite et de volumes aplatis. Il annonce très clairement une esthétique qui renonce à imiter la nature pour privilégier une recomposition imaginative du monde environnant. Le Louvre est plus riche que le musée d'Orsay en peintures de cette période.

Il abandonne ensuite cette voie pour utiliser les techniques tachistes pré-impressionnistes, dans un style vaporeux et doux, un "sfumato" délicat et fin, qui lui est tout à fait propre et qui a fait son succès.

Mais par ses coloris et ses thèmes il ne s'oppose pas à la peinture classique, recommandée par l'Académie de Paris.

Ses coloris restent très discrets, dans la tradition des paysages des Pays Bas, et ses tableaux sont animés par un nombre suffisant de nymphes et de satires dansant, et de bergers adonés à la musique, pour plaire aux académiques.

 

The history of art classifies Corot among the pre-Impressionist painters. He is one of the founders of the Barbizon School.

Corot was a very innovative painter, but who knew how not to be in conflict with the Academy of Paris.

Yet the paintings of his first period in the years 1830-1840 notably during his travels in Italy are very clearly announcing one of the great "innovations" of Modern Art: "the flat painting". His paintings of landscapes testify his research towards a very reduced perspective and flattened volumes. It very clearly announces an aesthetic that renounces to imitate the nature to privilege an imaginative recomposition of the surrounding world. The Louvre is richer than the Musée d'Orsay in paintings of this period.

Corot then abandons this path to use the pre-Impressionist tachist techniques, in a vaporous and gentle style, a delicate and fine "sfumato", which is quite personal and which made his success.

But by its colors and its themes it is not opposed to the classical painting, recommended by the Academy of Paris.

His colors remain very discreet, in the tradition of the landscapes of the Netherlands, and his paintings are animated by a sufficient number of nymphs and satires dancing, and shepherds adones to music, to please the academics.

  

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

November 1890/92

Wien Musée Léopold Collection privée

 

ART MODERNE et ROMANTISME

 

Les historiens de l'art fixent habituellement les débuts de l'art moderne aux impressionnistes. Mais bien évidemment cette périodisation est relative. Il est possible de remonter aux pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, ou encore plus au début du siècle, dans les années 1810-1840 aux romantiques. Et ce pour toute l'Europe..

Les écoles romantiques européennes ont en effet un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

 

Art historians usually fix the beginnings of modern art to the impressionists. But of course this periodization is relative. It is possible go back higher in time to the pre-impressionists of the Barbizon school or even more at the beginning of the century, in the years 1810-1840 to the romantics. And this for all of Europe. We can mention Turner, Constable, Delacroix and the German Karl Blechen.

European romantic schools have indeed a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

  

Jacques Louis Michel Grandin 1776-1853

Daphnis frappé d'aveuglement ou

Daphnis et la nymphe

Daphnis hit blindness or

Daphnis and the nymph 1804

Nice Musée des Beaux Arts

Elève de David Student of David

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

  

Nicolai Abildgaard 1743-1809 Danish Copenhague

The Greek poet Anacréon and Bathyll.

Le poète grec Anacréon et Bathyll. 1808

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Jean Baptiste Camille Corot Paris

Impression, près d'Amiens

Impression from the Area near Amiens, Somme. 1855-1860

Copenhague Collection Hirschsprung

 

COROT (Jean Baptiste Camille)

 

L'histoire de l'art classe Corot parmi les peintres pré-impressionnistes. Il est un des fondateurs de l'Ecole de Barbizon.

Corot a été un peintre très novateur, mais qui a su ne pas entrer en conflit avec l'Académie de Paris.

Pourtant les tableaux de sa première période dans les années 1830-1840 notamment lors de ses voyages en Italie sont très clairement annonciateurs d'une des grandes "nouveautés" de l'Art Moderne : "la peinture plate". Ses tableaux de paysages témoignent de ses recherches en direction d' une perspective très réduite et de volumes aplatis. Il annonce très clairement une esthétique qui renonce à imiter la nature pour privilégier une recomposition imaginative du monde environnant. Le Louvre est plus riche que le musée d'Orsay en peintures de cette période.

Il abandonne ensuite cette voie pour utiliser les techniques tachistes pré-impressionnistes, dans un style vaporeux et doux, un "sfumato" délicat et fin, qui lui est tout à fait propre et qui a fait son succès.

Mais par ses coloris et ses thèmes il ne s'oppose pas à la peinture classique, recommandée par l'Académie de Paris.

Ses coloris restent très discrets, dans la tradition des paysages des Pays Bas, et ses tableaux sont animés par un nombre suffisant de nymphes et de satires dansant, et de bergers adonés à la musique, pour plaire aux académiques.

 

The history of art classifies Corot among the pre-Impressionist painters. He is one of the founders of the Barbizon School.

Corot was a very innovative painter, but who knew how not to be in conflict with the Academy of Paris.

Yet the paintings of his first period in the years 1830-1840 notably during his travels in Italy are very clearly announcing one of the great "innovations" of Modern Art: "the flat painting". His paintings of landscapes testify his research towards a very reduced perspective and flattened volumes. It very clearly announces an aesthetic that renounces to imitate the nature to privilege an imaginative recomposition of the surrounding world. The Louvre is richer than the Musée d'Orsay in paintings of this period.

Corot then abandons this path to use the pre-Impressionist tachist techniques, in a vaporous and gentle style, a delicate and fine "sfumato", which is quite personal and which made his success.

But by its colors and its themes it is not opposed to the classical painting, recommended by the Academy of Paris.

His colors remain very discreet, in the tradition of the landscapes of the Netherlands, and his paintings are animated by a sufficient number of nymphs and satires dancing, and shepherds adones to music, to please the academics.

  

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